La collection

Transformer le vieux presbytère de Vicq-sur-Breuilh en musée répond à deux ambitions. La première est de préserver un bâtiment chargé d’histoire, situé en cœur de bourg, mais qui commençait à se dégrader parce qu’il n’avait plus d’usage depuis de longues années.

La seconde est de garder en terres limousines les toiles remarquables de Cécile SABOURDY, originaire de Saint‑Priest‑Ligoure. L’œuvre de cette artiste méconnue et profondément naïve témoigne d’un regard personnel et sensible sur les paysages de la Haute-Vienne.

Les héritiers du collectionneur d’art et mécène Henri de la Celle, font don, en 2010, d’un important fonds d’Art Naïf à la commune de Vicq‑sur‑Breuilh.

Ce fond dévoile notamment le talent d’artistes limousins des XIXe – XXe siècles et marque le point de départ du projet des Musée & Jardins Cécile Sabourdy.


Pourquoi les artistes d’Art Naïf, Brut et Singulier ?

La collection permanente du musée s’est constituée autour des œuvres naïves de Cécile SABOURDY. Sur ce point de départ, le musée pouvait construire son projet culturel dans plusieurs directions.

En recherche d’identité et souhaitant s’ancrer sur le territoire limousin, le musée s’est rapidement intéressé aux artistes éloignés des circuits artistiques traditionnels. Le Limousin, par sa géographie et son histoire, est longtemps resté un territoire rural assez isolé. Cet isolement relatif se révèle propice à une création rebelle à toute classification, prenant des formes inattendues.

Le choix s’est très rapidement porté sur les artistes autodidactes (qui ont choisi de faire de l’art sans formation ou initiation préalables) et inclassables (que l’on ne peut pas vraiment rattacher à un mouvement, un style ou une école particuliers). Ces artistes, parce qu’ils ne répondent pas toujours aux critères attendus, sont souvent mal considérés en dépit de leur inventivité et de leurs qualités plastiques.

Le Musée a tout d’abord cherché à identifier les artistes autodidactes ou inclassables présents sur son territoire ; et il y en a beaucoup !

Par leur éloignement (géographique et social) des milieux artistiques, les artistes Bruts et Naïfs du Limousin sont des autodidactes peu ou pas influencés par les connaissances théoriques ou une culture visuelle développée.

Parmi les artistes naïfs exposés aux côtés de Cécile SABOURDY se trouvent les limousins Germaine COUPET (dite Existence), Robert MASDURAUD et Clarisse ROUDAUD. Ces toiles naïves côtoient au gré des accrochages les œuvres brutes d’autres artistes limousins, notamment Robert AUPETIT.


Ouvrir la collection à d’autres artistes

Le Musée Cécile Sabourdy a à cœur de présenter des expositions fondées sur le dialogue, la rencontre, la curiosité…

Cet esprit d’ouverture l’amène à étendre sa collection permanente à des artistes de renom venus de toute la France, comme André BAUCHANT et Maurice LOIRAND. La présence de ces deux artistes naïfs importants, exposés dans plusieurs pays, permet de montrer la diversité des productions de ces artistes sans école.

Depuis 2017, le Musée est marrainé par l’artiste Marie‑Rose LORTET, artiste textile singulière vivant à Vernon. La récente acquisition de son œuvre Montagnes dévoreuses de fenêtres ouvre la collection à des œuvres textiles.

Elle participe de l’accroissement de la collection, tout en soulignant l’aspect hétéroclite de cette dernière : en effet la disparité plastique et esthétique des œuvres de la collection permanente rend compte de toute la richesse artistique générée par ces pratiques hors‑les‑normes et de l’unicité des créateurs naïfs, bruts et singuliers.


Quelques différences entre les artistes d’art Naïf, Brut et Singulier

Il est difficile de définir précisément des courants artistiques. D’abord, parce que certains artistes eux-mêmes n’avaient pas la moindre idée ou envie d’appartenir à un groupe désigné par quelques tenants de l’Histoire de l’art. Ensuite, parce que les définitions ne sont pas gravées dans le marbre : ce qui peut apparaître comme une « vérité » dans un certain contexte de production peut devenir complètement caduque quelques années plus tard.

Ainsi, il existe une bibliographie conséquente sur les arts Naïf, Brut et Singulier ; c’est en croisant les différentes sources (ouvrages, récits, enregistrements sonores, discours, vidéos, témoignages, journaux, expositions…) que l’on peut tenter de comprendre les pratiques autodidactes et inclassables.

Si chacun.e est libre de définir ces formes artistiques comme il.elle l’entend, il faut admettre qu’il existe certaines tentatives de « définition » qui, tout en accordant à chaque artiste une unicité créative et plastique, observent certaines similitudes.


L’Art Naïf

Il est marqué par plusieurs générations d’artistes naïfs. Cette mouvance artistique prend son envol au XIXe siècle avec le Douanier ROUSSEAU, Séraphine DE SENLIS et le Facteur CHEVAL. Cécile SABOURDY fait partie de la deuxième génération.

Autodidactes (tous ?), les artistes naïfs développent un programme (pictural, graphique, sculptural…) pensé et réfléchi. Ils s’intéressent, comme les artistes conventionnels, à la figuration, au paysage, au portrait, etc.

Leurs œuvres ne respectent pas les codes de composition traditionnelles (perspective, couleurs, proportions) et rendent ainsi compte d’une sensibilité artistique particulière, dite « naïve ».


L’art brut

Il est théorisé en 1945 par Jean Dubuffet ; toutefois sa définition connaît certaines limites (notamment contextuelles, l’Art Brut aujourd’hui étant différent). Dubuffet désigne comme « bruts » des auteurs exempts d’une culture artistique traditionnelle.

En réalité, les créateurs d’Art Brut sont caractérisés par leur totale liberté ! Autodidactes et bien souvent marginalisés (socialement, mentalement, physiquement, géographiquement), ces auteurs ne sont pas bridés par la société.

Leurs productions ne résultent pas d’un programme mais répondent plutôt à une pulsion vitale ; le geste créateur est spontané et cathartique.

Ces auteurs d’Art Brut utilisent majoritairement des techniques peu ordinaires et des matériaux qu’ils ont sous la main, pour la plupart récupérés (sable, pierre, argile, bois, cailloux, pigments, craies…).


L’Art Singulier

Le terme apparaît en 1978 lors de la manifestation des « Singuliers de l’art » organisée au musée d’art moderne de Paris. Les artistes Singuliers souhaitent prendre leurs distances avec les circuits artistiques officiels.

Ils produisent une œuvre sensible, personnelle, tournée vers l’expression. Ils partagent, en s’appuyant sur leur propre langage artistique, leur vision unique du monde. On parle aussi d’art « hors‑les‑normes », de « neuve invention » ou encore de « création franche ».

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer